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*Mardi 14 Avril 2026
Rabat, 14 avril (EFE) – Le démantèlement récent d’une cellule terroriste de l’État islamique (EI), active entre l’Espagne et le Maroc, illustre le caractère « singulier » de la coopération bilatérale en matière de lutte antiterroriste, laquelle a permis, depuis 2015, l’arrestation de 153 djihadistes dans les deux pays.
Selon des données communiquées à EFE par l’Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), organe judiciaire relevant des services de renseignement intérieur marocains, la collaboration avec la Commissariat général à l’information (CGI) d’Espagne a permis de démanteler plus de trente cellules conjointes depuis 2015, année de création de cet organisme antiterroriste marocain.
*Le dernier coup porté au terrorisme*
La dernière opération conjointe, menée le 25 mars, s’est soldée par l’arrestation de deux suspects à Tanger, ainsi que du chef présumé à Majorque, dans le cadre d’une action coordonnée entre le BCIJ — relevant de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) — et la CGI de la police nationale espagnole.
D’après les mêmes sources, la cellule participait au financement et au soutien logistique de combattants de l’EI en Somalie et préparait un attentat sur le territoire espagnol.
L’enquête a permis d’établir le profil des trois individus arrêtés, âgés de 35 à 43 ans.
Les deux personnes interpellées à Tanger sont de nationalité marocaine. L’une s’est radicalisée au contact de la propagande de l’EI et servait d’intermédiaire financier entre le chef du réseau et les familles de combattants en Somalie. L’autre a d’abord adhéré à l’idéologie du Front Al-Nosra, avant de se rallier à celle de l’EI, sous l’influence d’un compagnon de combat.
Le chef présumé, arrêté à Majorque, est considéré comme l’élément « le plus dangereux », chargé de planifier l’attentat en Espagne et de canaliser l’envoi de fonds vers le Maroc afin de les redistribuer aux épouses de combattants marocains en Somalie.
*Une menace djihadiste sans frontières*
Madrid et Rabat échangent de manière systématique des informations sur les « loups solitaires », les cellules terroristes et les combattants étrangers. Cette coopération opérationnelle a permis, depuis 2015, de démanteler plus de trente cellules terroristes et d’arrêter 153 individus : 84 en Espagne et 69 au Maroc.
Parmi les personnes arrêtées figurent des Marocains, des Espagnols ainsi que des ressortissants d’autres nationalités, ce qui reflète, selon le BCIJ, le caractère transnational de la menace djihadiste et l’« efficacité » de la coopération bilatérale.
Le BCIJ met en avant plusieurs opérations ayant, selon lui, permis de prévenir des attentats particulièrement graves en Espagne. Parmi celles-ci figure le démantèlement, en 2017, d’une cellule affiliée à l’EI, avec cinq arrestations au Maroc et une à Melilla.
Une autre opération, en 2019, visait une cellule composée de quatre membres — un en Espagne et trois au Maroc — qui envisageaient de fabriquer des explosifs pour attaquer des cibles sécuritaires dans les deux pays. Enfin, une opération menée en 2024 a permis de démanteler un réseau de neuf individus affiliés à l’EI, répartis entre le nord du Maroc et les villes espagnoles de Ceuta, Madrid et Ibiza.
*Une centaine de djihadistes marocains au Sahel et en Somalie*
Les services marocains indiquent ne pas disposer, à ce jour, de données confirmées concernant la présence de combattants espagnols dans les rangs de l’EI au Sahel — notamment au Burkina Faso, au Mali et au Niger — ou en Somalie. Ils situent en revanche le principal risque provenant d’Espagne dans les cellules de soutien dédiées au financement et au recrutement.
S’agissant des djihadistes marocains présents dans ces zones, Rabat estime leur nombre à plus d’une centaine.
L’opération menée entre Tanger et Majorque confirme que la coopération hispano-marocaine demeure en première ligne des efforts internationaux de lutte contre le terrorisme. Elle repose sur un dispositif combinant échange de renseignements, actions policières simultanées, coordination judiciaire et surveillance des flux financiers.
Les autorités marocaines soulignent également que cette collaboration a dépassé le cadre d’une coordination ponctuelle pour devenir « un partenariat permanent fondé sur la confiance mutuelle », reposant sur l’échange préventif d’informations et de bonnes pratiques.
Enfin, la rapidité dans le partage des alertes et dans l’ouverture d’enquêtes conjointes face au moindre indice de formation de cellules constitue, selon le BCIJ, l’un des traits distinctifs de ce dispositif bilatéral.
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