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Ahmed Rahou, président du Conseil de la Concurrence, a appelé, mardi 10 mars 2026 à Rabat, au lancement d’un débat national sur le développement du secteur pharmaceutique au Maroc, dans le cadre d’une vision visant à améliorer la qualité des services de santé et à accompagner la généralisation de la protection sociale, qui entraînera nécessairement une augmentation des dépenses de santé et de la consommation de médicaments.
Secteur pharmaceutique : défis financiers et de services
Rahou a révélé que le secteur pharmaceutique au Maroc absorbe environ 25 milliards de dirhams par an, dont 13 milliards transitent par les canaux de distribution en gros. Il a souligné l’importance d’adapter le fonctionnement des pharmacies aux transformations structurelles du système de santé, afin de garantir l’efficacité de l’approvisionnement et de réduire le fardeau financier pour les citoyens.
Il a indiqué que le réseau pharmaceutique au Maroc compte plus de 14 000 pharmacies, soit une pharmacie pour 2 600 habitants, un ratio supérieur aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. Il a précisé que les horaires limités représentent un obstacle pour les citoyens, ce qui nécessite de développer le modèle économique via des regroupements professionnels ou l’emploi de plusieurs pharmaciens dans une même officine pour assurer un service continu.
L’importance du rôle professionnel du pharmacien
Rahou a insisté sur le fait que le pharmacien demeure un garant essentiel du système de santé, rappelant que la délivrance des médicaments, le contrôle des ordonnances et l’orientation des patients nécessitent la présence de professionnels qualifiés, afin d’assurer un équilibre entre compétence scientifique et efficacité opérationnelle.
Ouverture au capital et amélioration de l’approvisionnement
Il a souligné que le secteur fait face à des contraintes économiques, dues à l’augmentation du nombre de diplômés et à la pression sur la rentabilité des pharmacies. Il a confirmé la possibilité d’ouvrir le capital des pharmacies aux investisseurs de manière encadrée, ce qui contribuerait à moderniser les pharmacies, améliorer les services et accroître la disponibilité des médicaments, sans porter atteinte au rôle professionnel du pharmacien.
Il a également noté que certaines petites pharmacies rencontrent des difficultés pour se procurer des médicaments coûteux, réduisant ainsi leur disponibilité. Il a appelé à adopter des mécanismes de coopération ou de regroupement entre pharmacies pour garantir la continuité de l’approvisionnement. Rahou a insisté sur le fait que les propositions du Conseil de la Concurrence visent avant tout à enrichir le débat public, et que toute réforme doit inclure les autorités publiques, les professionnels et les citoyens.

