l’équipe news
Dans une démarche reflétant la profonde transformation de la gestion des ressources en eau au Maroc, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, a affirmé que le pays dispose désormais du plus grand modèle météorologique du continent africain, permettant une précision sans précédent dans les prévisions climatiques et un lien direct avec les mécanismes de décision et d’intervention sur le terrain au niveau des autorités locales.
Le ministre a précisé, lors de son intervention dans l’émission « Décryptage » sur la radio MFM, que les collectivités territoriales reçoivent désormais des bulletins météorologiques quotidiens détaillés pour chaque commune, ce qui permet une programmation anticipée des interventions et la prévention des impacts des phénomènes climatiques extrêmes avant leur survenue, marquant une transition du mode réactionnaire à un mode de prévention et de planification proactive.
Alertes précoces pour faire face aux fluctuations climatiques
Le responsable gouvernemental a annoncé le développement d’une nouvelle génération de bulletins d’alerte intégrant le mécanisme de « veille des charges hydriques », afin de renforcer les capacités du Fonds de lutte contre les catastrophes naturelles et d’améliorer le suivi des crues soudaines. Il a souligné que les changements climatiques imposent un scénario combinant des années de sécheresse sévère et des inondations intenses sur de courtes périodes, avec une baisse continue des apports en eau. Cela rend nécessaire l’accélération de la mise en œuvre des directives royales visant à garantir l’eau potable pour tous et à assurer 80 % des besoins en eau d’irrigation quelles que soient les conditions.
Leçons des inondations d’Essaouira et renforcement de la protection urbaine
Le ministre s’est arrêté sur les inondations qui ont frappé la ville d’Asfi suite à des précipitations de 35 mm en seulement deux heures, précisant que le problème était principalement lié à l’urbanisation sur les lits des oueds, contrairement à d’autres zones ayant pu absorber la même quantité grâce aux barrages et infrastructures de protection. Il a affirmé que le ministère travaille sur des solutions techniques avancées et des systèmes d’alerte précoce permettant l’évacuation des populations dans les zones à risque et minimisant les pertes humaines.
Accélération de la construction des barrages pour renforcer la sécurité hydrique
Dans le cadre du renforcement des infrastructures hydrauliques, le ministre a annoncé le lancement des travaux du barrage de « Tafr » afin de réduire la pression sur le barrage Oued Al-Makhazine et protéger le bassin du Loukkos, en plus de l’avancement du projet du barrage de « Rattba » dans une vision préventive et de stockage intégrée. Il a également mis en avant l’achèvement de huit grands barrages entrés en service, dont le barrage de « Tiddas » près de Rabat, renforçant la sécurité hydrique des zones urbaines et rurales.
La stratégie inclut également le lancement d’une nouvelle génération de barrages moyens, ainsi que l’accélération de la réalisation du barrage de « Tamri » à Agadir, trois ans plus tôt que prévu, pour être opérationnel en 2026 au lieu de 2029, signe clair de l’accélération face au déficit hydrique de certains bassins.
Mobilisation nationale face aux défis de l’eau
Pour conclure, Nizar Baraka a souligné que la mobilisation des cadres du ministère de l’Équipement et de l’Eau ainsi que des agences des bassins hydrauliques se poursuit à un rythme soutenu, avec des projets visant à renforcer la capacité de stockage des barrages et à consolider les infrastructures hydrauliques. Il a considéré que la réalisation de huit grands barrages en peu de temps témoigne de l’efficacité de l’expertise marocaine et de sa capacité à relever les défis climatiques, garantissant la sécurité hydrique du royaume sur le long terme.

