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Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural, des Eaux et Forêts, a affirmé, hier lundi lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, que la réforme du système de commercialisation des produits agricoles constitue un pilier essentiel pour assurer la stabilité des prix et protéger à la fois l’agriculteur et le consommateur. Il a précisé que le gouvernement œuvre à l’organisation et à la modernisation des marchés de gros au Maroc, à travers une coopération conjointe entre les ministères de l’Intérieur, de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce.
Un nouveau projet de loi pour l’organisation des marchés de gros
En réponse à une question parlementaire sur la hausse des prix de la viande, des légumes et des fruits, le ministre a révélé l’existence d’une commission gouvernementale conjointe chargée de l’élaboration d’un projet de loi moderne visant à organiser les marchés de gros. Ce texte a pour objectif d’améliorer la gestion du marché et de garantir la transparence des opérations, permettant ainsi aux agriculteurs de vendre directement leurs produits et de réduire l’intermédiation qui impacte les prix.
La hausse des prix des légumes est temporaire
El Bouari a attribué la récente hausse des prix de certains légumes à des facteurs conjoncturels, notamment les difficultés de récolte et d’accès aux champs en raison des dernières précipitations, ce qui a temporairement affecté les opérations de transport et l’approvisionnement des marchés.
Modernisation des marchés de gros et des abattoirs
Le ministre a souligné que son département a lancé une vision de réforme globale visant à moderniser les marchés de gros, les abattoirs et les structures de commercialisation, à travers des partenariats stratégiques avec les secteurs gouvernementaux, les collectivités territoriales et le secteur privé. Il a ajouté que l’un des axes majeurs de cette réforme concerne la transparence et la réduction des intermédiaires afin d’assurer l’accès des produits au consommateur à des prix abordables.
Prix des aliments pour bétail et leur stabilité
Concernant les coûts de production animale et les prix des aliments pour bétail, El Bouari a indiqué que ces derniers représentent environ 70 % du coût de production des viandes rouges et du lait. Il a précisé que les prix des aliments pour bétail en 2025 ont connu une relative stabilité par rapport à 2024, à l’exception du « foin », dont le prix a augmenté de 12 % en raison de la succession des années de sécheresse et de la baisse de la production locale. En revanche, les prix des aliments importés tels que le soja et le maïs ont baissé entre 14 % et 27 %.
Le ministre a également évoqué les mesures de soutien direct aux agriculteurs et aux éleveurs afin de faciliter leur accès aux aliments pour bétail à travers des programmes exceptionnels visant à faire face aux effets de la sécheresse et à la hausse des prix internationaux. Ces mesures incluent le soutien à l’acquisition des aliments et la préservation des femelles ovines et caprines destinées à la reproduction. Il a ajouté que les récentes précipitations contribueront à une baisse future des prix des aliments pour bétail, grâce à l’amélioration de l’état des parcours et à la diminution de la demande.
Hausse des prix des engrais
En réponse aux questions parlementaires concernant la cherté des engrais, le ministre a affirmé que plusieurs produits bénéficient d’exonérations douanières et fiscales afin d’alléger leur coût sur le marché national. Il a expliqué que toute augmentation des prix est liée aux fluctuations des marchés internationaux, en particulier pour les engrais azotés entièrement importés. Quant aux engrais phosphatés, le marché national a été approvisionné à hauteur de 650 000 tonnes cette saison, couvrant les besoins nationaux tout en maintenant les niveaux de prix par rapport à la saison précédente.
El Bouari a enfin indiqué que le ministère assure un suivi continu de l’approvisionnement en coordination avec les professionnels afin de garantir la disponibilité des quantités et la continuité des livraisons, tout en œuvrant à rationaliser l’utilisation des engrais, à accroître leur efficacité et à les rapprocher des agriculteurs.

