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À une époque marquée par des menaces transnationales de plus en plus complexes, la coopération en matière de sécurité entre le Maroc et l’Espagne s’est imposée comme l’un des exemples les plus solides, efficaces et stratégiques de l’espace euro-méditerranéen. Il ne s’agit pas simplement d’une relation de voisinage ni d’un arrangement technique entre services ; il s’agit avant tout d’un partenariat fondé sur la confiance, construit avec patience, intelligence et sens de l’État. Dans une région où les risques liés au terrorisme, à la radicalisation violente et aux réseaux criminels évoluent rapidement, Rabat et Madrid ont su ériger une architecture de coopération qui constitue aujourd’hui un véritable modèle.
La portée de cette coopération ne se mesure pas uniquement à sa longévité, bien que plus d’une décennie de résultats constants suffirait déjà à en attester la solidité. Sa véritable valeur réside dans la qualité du lien opérationnel, dans la fluidité de l’échange d’informations et dans la capacité d’anticiper les menaces avant qu’elles ne se matérialisent. Telle est précisément la marque des alliances sécuritaires les plus abouties : ne pas se contenter de réagir, mais prévenir avec discernement. Et sur ce terrain, la collaboration entre la Police nationale espagnole et la DGST marocaine a démontré une efficacité remarquable.
Depuis 2014, les deux pays ont mené des dizaines d’opérations conjointes contre le terrorisme jihadiste, confirmant ainsi la profondeur de leur coordination et la solidité de leur engagement commun. La première grande opération, connue sous le nom d’« Azteca », a constitué un tournant décisif. Elle a non seulement permis de démanteler un important réseau de recrutement et d’envoi de combattants vers la Syrie et le Sahel, mais elle a également démontré que le Maroc et l’Espagne étaient prêts à agir en véritables partenaires stratégiques face à une menace sans frontières. Depuis lors, cette coopération n’a cessé de se renforcer et de produire des résultats tangibles.
L’élément le plus déterminant de cette relation réside dans un principe fondamental en matière de sécurité et de renseignement : la confiance mutuelle. La confiance nécessaire pour partager des informations sensibles. La confiance pour coordonner des opérations simultanées. La confiance, enfin, pour reconnaître que la sécurité de l’un dépend étroitement de la vigilance et de la capacité d’action de l’autre. Une telle confiance ne se décrète pas ; elle se construit à travers le professionnalisme, la discrétion, la crédibilité institutionnelle et des résultats constants. Et le Maroc, à travers ses services de sécurité, a su mériter cette reconnaissance.
Dans ce contexte, la figure d’Abdellatif Hammouchi revêt une importance particulière. Sa récente distinction par les autorités espagnoles ne relève pas d’un simple geste protocolaire ni d’une courtoisie diplomatique. Elle constitue la reconnaissance explicite d’un parcours exceptionnel au service de la sécurité, de la modernisation institutionnelle et de la coopération internationale. Lorsqu’un pays comme l’Espagne honore à ce niveau un responsable marocain, il envoie un message politique et institutionnel fort : il reconnaît en lui un interlocuteur fiable, un artisan majeur de la coopération et un acteur déterminant dans la protection des intérêts communs.
Le mérite de Hammouchi ne réside pas uniquement dans les résultats opérationnels obtenus, mais aussi dans sa capacité à incarner une vision moderne et stratégique de la sécurité. Sous son impulsion, les services marocains ont renforcé leurs capacités d’anticipation, élevé leurs standards de professionnalisation et consolidé une culture de coopération aujourd’hui saluée par de nombreux partenaires internationaux. Dans un domaine aussi sensible que la lutte antiterroriste, où l’improvisation peut avoir des conséquences dramatiques, cette combinaison de rigueur, d’expérience et de vision stratégique est essentielle.
La distinction qui lui a été décernée par l’Espagne reconnaît précisément cette dimension : celle d’un responsable ayant contribué de manière décisive à la sécurisation d’un espace géographique particulièrement exposé aux risques partagés. Car la sécurité entre le Maroc et l’Espagne ne relève pas uniquement d’une logique bilatérale ; elle constitue également un pilier de la stabilité méditerranéenne, européenne et africaine. Chaque réseau démantelé, chaque menace neutralisée grâce à la coopération entre Rabat et Madrid dépasse le cadre des deux pays et contribue à la sécurité régionale dans son ensemble.
C’est pourquoi la coopération sécuritaire maroco-espagnole doit être comprise comme une véritable réussite stratégique. Une réussite fondée sur la constance, l’efficacité et la volonté politique. Et dans cette dynamique, Abdellatif Hammouchi occupe une place centrale. Sa reconnaissance par l’État espagnol honore un homme, mais consacre aussi une méthode : celle d’une action fondée sur la rigueur, la confiance et la coopération. À l’heure des incertitudes et des fractures, cette alliance entre le Maroc et l’Espagne démontre que, lorsqu’il existe un leadership éclairé et une vision partagée, la coopération intelligente demeure l’un des instruments les plus nobles et les plus efficaces pour préserver la paix et la sécurité des nations.

